Comment le score est construit
Les dix questions ne sont pas là au hasard: chacune correspond à un domaine où la perte d'autonomie se manifeste tôt et de façon observable par un proche — l'hygiène, l'alimentation, l'entretien du logement, la médication, l'équilibre, la mémoire, la vie sociale, la mobilité, la charge portée par l'aidant, et les nuits. Chaque réponse vaut 0, 1 ou 2 points, pour un total possible de 20.
Deux précisions importantes. D'abord, le total compte moins que l'endroit où se concentrent les points: un score de 6 concentré sur les chutes et les nuits est plus urgent qu'un score de 9 réparti sur le ménage et les sorties. Ensuite, cette grille est un outil de conversation, pas un diagnostic. Le réseau public utilise un instrument d'évaluation standardisé, administré par un professionnel: c'est lui qui détermine l'admissibilité aux heures subventionnées. Notre grille sert à ce que vous arriviez à cette évaluation — ou à votre premier appel — avec des observations précises plutôt qu'une inquiétude diffuse.
Les quatre profils, et quoi faire pour chacun
Profil vigie — 0 à 3 points
Rien d'alarmant, et c'est exactement le bon moment pour agir. Les aménagements et les services mis en place avant la crise sont beaucoup mieux acceptés, parce qu'ils n'arrivent pas comme une punition après une chute. Concrètement: faites la checklist de sécurité du domicile une fois (barres d'appui, éclairage de nuit, tapis, escaliers), refaites cette grille dans trois à six mois, et après tout événement marquant — chute, hospitalisation, décès du conjoint. Si vous voulez une première marche très douce, l'entretien ménager est le service le mieux accueilli: il aide sans toucher à l'intimité.
Profil aide légère à modérée — 4 à 9 points
Des signaux réels s'accumulent, mais la situation est encore très gérable. Quelques heures d'aide par semaine, bien ciblées, suffisent souvent à stabiliser les choses et à éviter l'escalade. Trois gestes: commencez par le besoin le plus visible (ménage, repas ou hygiène); inscrivez le proche au soutien à domicile du CLSC en parallèle, parce que c'est gratuit, cumulable, et que le délai d'attente commence à courir dès la demande; et chiffrez le budget réel avec le calculateur de coût, parce que le crédit d'impôt de 40 % change souvent la perception de ce qui est abordable. Si le proche résiste à l'idée d'être aidé — c'est la norme, pas l'exception — l'article convaincre un parent d'accepter de l'aide aborde la conversation elle-même.
Profil aide structurée — 10 à 14 points
Le besoin est sérieux et probablement quotidien. Le maintien à domicile reste tout à fait réaliste à ce niveau, mais il doit être organisé cette semaine, pas ce trimestre — parce que c'est dans cette zone que survient l'hospitalisation qui fait tout basculer. Faites une demande en indiquant « cette semaine » et en décrivant les deux ou trois besoins prioritaires; demandez en parallèle une évaluation au guichet du CIUSSS MCQ; et si les nuits font partie du problème, regardez les formules de nuit et de présence 24 h ainsi que l'article sur les options de surveillance nocturne. Si c'est vous qui portez tout: le répit fait partie du plan, il ne vient pas après.
Profil besoin intensif — 15 à 20 points
À ce niveau, la sécurité est en jeu et le temps compte. Une aide intensive à domicile (présence quotidienne, nuits, encadrement 24 h) peut fonctionner, et beaucoup de familles de la Mauricie le font — mais le calcul mérite d'être fait honnêtement, parce qu'au-delà d'environ 35 à 40 heures d'aide par semaine, le coût du domicile rejoint celui d'une résidence avec services. Trois choses en parallèle: contactez le CLSC pour une évaluation professionnelle prioritaire; faites une demande pour un filet immédiat pendant que le public s'organise; et lisez le comparateur domicile, RPA et CHSLD ainsi que le cadre de décision domicile ou résidence, sans culpabilité. Pour une inquiétude de santé immédiate, la référence est Info-Santé 811; en cas de danger, le 911.
Ce que la grille ne mesure pas
Trois éléments décisifs échappent volontairement à un questionnaire de dix points, et il faut les peser à part.
- Le logement lui-même. Une maison à deux étages avec la seule salle de bain en haut change tout, même chez une personne relativement autonome. La page sur l'adaptation du domicile et l'article sur le monte-escalier couvrent les solutions et leurs fourchettes de prix.
- Le réseau autour. Deux personnes au même score n'ont pas le même risque si l'une a une fille à dix minutes et l'autre, un fils à Montréal. L' isolement est un facteur de risque en soi.
- La volonté de la personne. Le refus d'être aidé n'est pas de l'entêtement: c'est une question de dignité et de contrôle. Il se travaille, il ne se contourne pas.
Une fois votre profil identifié, la suite est simple: décrivez-nous la situation. On précise le besoin au téléphone, puis on vous met en relation avec un service d'aide à domicile qui a de la disponibilité pour vous accompagner. Pour comprendre les termes du réseau, le glossaire tient sur une page, et les guides du maintien à domicile détaillent chaque démarche.